Mercredi 6 février 2008
    Mardi 29 janvier, comme tous les derniers mardis du mois de 18h30 à 19h30 depuis octobre, les franciscains de Toulouse invitent tous ceux qui le désirent à former un cercle de silence sur la place du Capitole… un cercle de silence, pourquoi ?
  
    Depuis que les « quotas » du ministère de M. Hortefeux souhaitent 25000 expulsions de personnes « sans papiers », les centres de rétention sont construits partout. Les conditions de détention de ces personnes sont inquiétantes : « le centre est muni de vitres anti-chocs, entouré de grillages, de fils de fer barbelé à deux niveaux. La cour où peuvent s’amuser les enfants est doublement sécurisée à tel point que de grandes plaques métalliques ont été posées afin d’éviter tout regard extérieur[1]  ».

    Pourtant, un centre de rétention ne devrait pas être une prison ! Ce lieu dépend du ministère de l’intérieur et non de la justice. Auparavant, on trouvait des salles dans les aéroports qui permettaient aux personnes n’ayant pas de papiers d’attendre la régularisation de leur situation. Aujourd’hui c’est le rôle de ces centres qui ressemblent à des prisons. Auparavant, une personne, arrivant sur le sol français sans avoir de papiers en règle, passait nécessairement par ces structures. Aujourd’hui, ce sont des personnes devenues « suspectes » pouvant vivre en France depuis une quinzaine d’années qui se retrouvent enfermées dans ces centres.

    C’est cela qui est choquant. Comment réagir ?

    En tant que citoyens, il est de notre devoir de refuser ce genre d’acte. Nous ne pouvons accepter que des humains soient traités par rapport à des quotas. Même en n’ayant pas de pouvoir d’action directe sur les lois établies, nous pouvons, en toute simplicité, alerter les consciences et celles de nos politiciens. C’est le sens de ce cercle de silence qui mardi dernier a rassemblé 250 personnes sur la place du Capitole de Toulouse.

    Alain Richard, prêtre franciscain, nous donne le sens d’un tel acte : le silence permet d’ « être plus en contact avec le profond de nous-même et d’y écouter notre conscience d’être humain ». C’est aussi « inviter celui qui voit ce cercle à interroger sa conscience ». En tant qu’être humain, que dois-je faire ? Comment respecter mon humanité et celle de l’autre ? Le cercle de silence, « c’est un cri silencieux car il y a une urgence devant un fait qui est très grave ».

    En agissant de la sorte, « nous ne prétendons pas avoir la solution. Ce n’est pas notre problème. Mais nous interpellons les gens et nous les invitons à faire ce que notre conscience doit faire, comme par exemple adhérer à des associations qui luttent pour le droit des personnes « sans papiers »[2] . Nous cherchons à ce que d’autres consciences bougent ». D’où l’importance des médias qui étaient encore nombreux ce mardi. Il faut informer les consciences du problème et leur montrer qu’une action est possible à toutes échelles.

    Faire silence pendant une heure, c’est aussi « respecter son interlocuteur, les politiciens qui peuvent prendre des décisions pour changer les choses ». C’est une manière de « se placer de façon simple et ferme » face à une injustice :

 
 
            « ton frère humain n’est pas traité en humain.

            Dresse-toi sur tes pieds

            car son humanité est flouée

            et la tienne aussi »


    La Non-violence nous apprend à désarmer l’autre en considérant qu’il a aussi une conscience. Le cercle de silence est une attitude désarmante pour celui qui la tient et pour celui qui la reçoit. Etre en silence pendant une heure sans bouger, est une façon de laisser entrer la paix en soi. Au bout d’une heure, notre conscience n’est pas « ramollie », au contraire. Nous devenons plus énergiques et plus fermes et donc plus désarmants. Une force réside en nous et elle se met en adéquation avec l’action de dénoncer une injustice telle que les conditions inacceptables et inhumaines de détention de ces personnes dites « sans papiers ».



Extrait du Lokal 8


1tiré du tract distribué par les Franciscains

2le CCFD, RESF, la CIMADE

par lelokalmatos publié dans : Société, tu m'auras pas
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