Jeudi 1 juin 2006

Alors que le monde s’apprête à entrer en résonance musicale, le « monde » se limitant aux frontières de notre hexagone, les cénobites tranquilles se préparent à une nouvelle journée de prière. Quoi de plus normal, me direz-vous, pour un cénobite, que d’entrer en prière.  Certes, mais, ne vous y trompez pas; il serait erroné de croire que la vie cénobitique n’est vouée qu’à l’intercession. En effet, les moines cénobites arpentent le monde à dos de pieds, afin de nous donner le sens véritable des choses. Fort de leur sagesse infinie, les cénobites éclairés nous expliquent l’actualité.

D’où vient la fête de la musique ? Certains prétendent qu’un érudit aurait décidé d’égayer l’arrivée de l’été par un air de bossa, un lendemain d’alternance. D’autres, plus prophétiques, y auraient vu l’occasion de grappiller un jour de congés au frais de la princesse à moustache. Et je ne vous parle même pas des païens qui fêtent la St Jean en faisant un feu de tous les diables pour entendre la complainte de Jeanne, en ré mineur s’il vous plaît.

Mais la vérité est loin de toutes ces futilités, et alors que nous parlons aujourd'hui de fête, en des temps plus anciens, nous parlions d’oraison funèbre.

En 856, j’étais fort embrumé d’une journée de marche à Chengdu, petite bourgade du Tibet.    J’étais souffrance et lassitude de moi-même. Mon corps se remettait à peine d’une marche forcée quand soudain, d’une chaumière éloignée , me parvint une douce mélodie. Une détresse magnifique émanait de la guitare de cet homme qui pleurait la mort de son plus fidèle ami. On raconte encore aujourd’hui que son âme apaise le cœur des hommes quand la mort se fait ressentir.

Ce n’est qu’aujourd’hui que nous rendons hommage à la disparition de ce chien, mi-loup, mi-caniche, emporté jadis par le yeti domestique de mon ami Dala le Lama, en guise d’apéritif.

C’est ainsi qu’aujourd’hui nous commémorons ce deuil, et pour des raisons de choix politiques, nous n’avons gardé que la dimension d’apéritif. Dieu merci, certains honorent cette vieille tradition en venant à la fête de la musique avec leur chien. Ce n’est qu’un juste retour des choses.

 
Extrait du Lokal 4

par lelokalmatos publié dans : Rions un peu en attendant la mort communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

  • : Le Lokal Matos, ce grand journal subversif
  • lelokalmatos
  • : cantonnais actualite
  • : Le Lokal Matos est un petit journal qui offre une autre lecture de l'actualité, de la société, de l'écriture, de la littérature... Le Lokal Matos est avant tout un journal qui vous servira à emballer votre poisson.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Cadavres Exquis

Blog : Philosophie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus