A l’heure où se fraye l’idée d’un Service civique obligatoire, nombreux sommes-nous à nous demander, perplexes, combien de nos concitoyens investissent vraiment les mots : « un autre monde est possible ».
Nous nous plaignons sans cesse de l’apathie ambiante et du manque d’engagement, du peu d’intérêt portés par nos contemporains à la chose publique. Ils ne vont plus voter, fuient tout débat à connotation politique, et s’en lavent franchement les mains. Nous les accusons d’être engourdis par leurs préoccupations individuelles, d’être fatalistes voire même cyniques devant des faits d’actualité trop souvent désespérants, assurant qu’il n’y a plus rien à faire, que tout est vain.
Et pourtant, il subsiste une lueur d’espoir ! Nous, que cela arrange un tant soit peu de vilipender cette masse paresseuse; nous, que cela conforte dans notre propre narcissisme – nous comptant ainsi parmi les « éclairés », les avant-gardistes de ce monde – nous voilà obligés d’admettre ce démenti cinglant : l’insoumission et le militantisme ne sont pas notre chasse gardée.
Les soi-disant apathiques n’ont pas dit leur dernier mot. Quand il s’agit de s’élever, de défendre des idées neuves, de se battre pour de justes causes, ils sont là ! Leurs moyens de s’exprimer sont autrement plus efficaces que ces quelques lignes dans un journal en papier recyclé… Et les médiateurs de leur révolte sont également bien plus puissants.
Édouard et Nana sont de ceux qui ont décelé la petite flamme, perçu l’âme rebelle en chaque citoyen de ce pays. Ils ont su toucher au plus près leur corde sensible. L’utilisation de symboles forts et de slogans fédérateurs a permis une mobilisation sans égale. Nana a lancé un appel :
« Pour que ça change, votez Nana ! »
En effet, il convient au XXIe siècle de se dresser contre cette injustice faite à la femme : l’angoisse d’être trahie chaque mois par sa serviette hygiénique. En choisissant le label Nana, tu réveilles la féministe qui sommeillait en toi, te ralliant à la cause de toutes ces femmes périodiquement humiliées. Édouard renchérit avec fermeté :
« Il est interdit d’interdire de vendre moins cher »
Oui, toi le consommateur indocile, il est temps d’entrer dans la lutte, la vraie ! Michel Édouard Leclerc défend ton pouvoir d’achat, ne l’oublie pas. Acheter ta baguette et ton camembert dans les rayons de ses Hypermarchés – lieux de haute Résistance – fait de toi un Hyper-militant. Tu rejoins la grande famille des Che Guevara et autres Gandhi qui n’auraient sans doute pas fait meilleur acte de bravoure.
Et gare aux malintentionnés qui ne verraient là qu’une tentative de récupération ou de détournement des emblèmes révolutionnaires à des fins mercantiles ! Sans doute des frustrés en mal de grandes convictions, des aigris rêvant d’intégrer cette Intelligentsia des temps modernes : les Agences de Publicité.
Pour en savoir plus :
http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=7 Leclerc hyper militant
http://www.framasoft.net/article3621.html Campagne publicitaire Leclerc
http://www.transfert.net/a7138: sois rebelle achète
http://www.lameute.fr/actualite/dernier06.php3 Nana, serviettes hygiéniques
http://www.blogantipub.org/?p=91 Trahison mécanique ou politique
Extrait du Lokal 3