Je suis seul le matin, quand je prends le métro. Je gerbe les incivilités de ce monde et eux ont l'air de s'en satisfaire.
Personne ne se regarde, personne ne s'aide. Moi non plus, mais moi, c'est pas pareil. Je pourrais mais…
Ces gens-la ne se parlent pas. Je l'ai vu hier soir au journal. Ils veulent à tout prix éviter le piège de la sympathie, cette chose qui pourrait les arrêter quand il faudra prendre la place du dernier. Je l'ai vu, au journal, je l'ai bien senti.
Il y a pas grand chose à comprendre d'autre, c’est comme ça qu'ils sont, c'est comme ça qu'ils resteront, je l'ai vu c'est au journal qu'on me l'a dit.
Je suis seul.
Le seul peut-être. Je remonte dans mon estime, et vite je déprime, car seul, le monde ne changera pas…Il ne changera pas parce que ça leur va !
De déprime, je passe en rébellion, mais pas pour eux, et pas ici, car ces gens ne le méritent pas, je le sais, c'est au journal que je l'ai compris.
Un jour, Là-bas, je partirai, découvrir les hommes, les vrais. Je suis seul ici, car je ne dois pas être de ce pays, c’est sur là-bas, j’oserai. Je le sens. Hier, au journal ce n'est pas de moi qu'ils parlaient.
Un grand voyage, un grand voyage me sauverait. Fuir loin de ceux qui me débectent.
Un jour c’est sur…
Mais vous verrez...
Un jour, un jour...
Extrait du Lokal Matos 9