Dimanche 18 mai 2008

André Dhôtel a pris le temps. Tout son temps. Le temps de ne pas devenir un grand écrivain, couvert d’or et de poussière. André Dhôtel a pris le temps de se promener, loin des sentiers glorieux du tout-Paris, en lisière, quelque part au fond des Ardennes. Là-bas, sur la terre de Rimbaud, on l’appelait « le promeneux », mains dans les poches, chapeau sur la tête, en quête de champignons, de fleurs et de mystères. Quand il rentrait chez lui, il écrivait des romans, des récits et même des poèmes. Il roulait une cigarette et laissait ses personnages s’égarer dans des voyages sans motif si ce n’est le goût du « vent, de l’amitié du jour et du bruit [...]
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Dimanche 18 mai 2008

Anarchiste de haut vol Feuilletoniste de génie Homme libre   Que vivent les voyous, les enfants et les fous…   (Éléments biographiques) Le Corse Zévaco  commence à vingt ans une carrière dans l’enseignement. Bientôt, il enlève l’épouse d’un conseiller municipal, est révoqué, s’engage pour cinq ans et quitte l’armée sous-lieutenant ; ça promet ! A Paris il rencontre Louise Michel et d’anciens communards, se proclame «socialiste révolutionnaire», devient éditorialiste et se lance dans la campagne des élections législatives de 1889 : « Les bourgeois nous tuent par [...]
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Mercredi 6 février 2008

Vers la fin des années 50,  « l’Express » – pas le bavard libéral/people qu’il est  devenu, mais celui de JJSS et Françoise Giroud – orgueil de la presse d’alors et qui s’honorait de fréquentes pages blanches censurées par le pouvoir,  paraissait le Jeudi. Jean Daniel en était le grand reporter en Algérie et offrait, sans doute, le meilleur regard  sur la guerre. Un nommé Michel Bosquet y tenait la rubrique économique en même temps qu’il signait André Gorz ses contributions aux «Temps modernes » de Sartre, Pingaud, Pontalis, Lanzman, etc…  et ses premiers essais philosophiques et politiques. Plus tard, en 1964, il sera [...]
par lelokalmatos publié dans : Ecrivains mineurs communauté : Les écorchés vifs
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Lundi 1 octobre 2007

« Anecdotique, je le suis1» Georges Perros   Lorsque vous ouvrez le recueil de Georges Perros, Une vie ordinaire, paru en 1967, vous vous heurtez à un livre hybride, à un « roman-poème », à une écriture fragmentée, à une volée d’octosyllabes, à une hémorragie de vers, à des phrases collées, à des mots en dérive, à des mots de la vie quotidienne. Pour ce romancier-poète, les mots doivent passer à la casserole, être, au sens plein du terme, prosaïques. Les phrases sont marquées par le dépouillement et la simplicité, par l’absence de ponctuation. Le texte veut respirer, il a besoin d’air. Mais le poète éprouve aussi un besoin [...]
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Lundi 1 octobre 2007

  " Il faut continuer, nous autres, les vivants, oui. Pas question de se faire une raison, mais question d'être de coeur avec ce qui a lieu en permanence, à savoir un composé d'ennui, de rage, de désir, de résignation, de révolte, sacrée salade avec laquelle il n' y a pas moyen de moyenner, et qui nous transbahute de ci de là, sans crier gare." Lettre de Georges Perros à Maxime Caron, 1964 Si vous passez en Bretagne, si vos pas vous guident jusqu’à la fin de la terre, vous apercevrez dans les embruns la silhouette bleue et voûtée d’un homme vieillissant, la pipe au bec et les cheveux fouettés par le vent. Aujourd’hui, [...]
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Jeudi 1 mars 2007

Le premier test est concluant. Georges Hyvernaud (1902-1983) ne figure pas dans le dictionnaire. Son nom n’est sans doute pas assez propre pour Messieurs Robert et Larousse. Propre, voilà un mot qui convient bien mal à la prose de Georges Hyvernaud. Ses livres paraissent assez sales, dégoûtants même. Pourtant, à la ville, M. Hyvernaud n’avait rien du mauvais garçon. Plutôt banal et inoffensif le type. Derrière ses petites lunettes, les idées au frais sous la calvitie naissante, il ressemble bien au professeur qu’il fut. Oui, mais Hyvernaud a connu la guerre et la captivité. Arrêté en juin 1940, il passa la guerre dans un camp de prisonniers, un [...]
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Jeudi 1 mars 2007

C’était jour de soldes et Jean-Pierre Vernant venait de mourir. Toutes les rues grouillaient de la recherche frénétique du meilleur prix lorsque je sortis en quête d’un livre de Vernant, La Traversée des Frontières. Jean-Pierre Vernant, né en 1914, orphelin de la Grande Guerre, était un historien et  un philosophe fameux, professeur au Collège de France, spécialiste des mythes grecs et de l’Antiquité. Intellectuel de renom, reconnu par ses élèves comme un grand professeur, Vernant explora toute sa vie le monde grec ancien, s’appliquant à comprendre cet autre temps, ses hommes et ses mots. Vernant fut cet homme. Il fut aussi un résistant. Un de [...]
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Vendredi 1 septembre 2006

Les manuels de littérature les appellent les écrivains mineurs. Et encore, ils usent de cette dénomination lorsqu’ils daignent mentionner leur existence, ce qui n’est pas si fréquent. A l’école, bien malin celui qui a eu vent d’un de ces types1 : Perros, Calet, Hyvernaud, Dhôtel… Ces gars sont tellement peu connus que mon ordinateur ne les reconnaît pas et souligne chaque nom comme autant d’erreurs ou d’incongruités. Tout cela est normal. Ces écrivains ne siègent pas au panthéon littéraire. Loin de moi l’idée de vouloir réhabiliter quelques-uns de ces plumitifs anonymes ou presque. Ils se contentaient d’ailleurs bon gré mal gré du mépris [...]
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Jeudi 1 juin 2006

Jean Teulé,  « Je, François Villon » aux éditions « Julliard » Né peut-être le jour de la mort de Jeanne d’Arc en1431. Fils d’un père pendu et d’une mère suppliciée. Il fut recueilli par un chanoine Maître Guillaume. Il étudie et obtient une maîtrise des arts à Paris. Durant ses soirées qui deviennent vite des journées, François fréquente les tavernes et les ribaudes ; les étudiants et les compagnons de la coquille. Intrigué par leur langage, il souhaite devenir un des leurs. Après la mise à l’épreuve, Villon apprend leur dialecte et participe à leurs activités qui sentent la liqueur (le sang en [...]
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