« La colonisation a pour fin la liberté des indigènes ;
« la faute originelle de la colonisation a précédé toutes les agressions
unilatérales des indigènes ;
« l’exigence de liberté à plus de poids moral que toute
l’œuvre civilisatrice des pays colonisateurs ;
« le racisme est le vice des français aux colonies ;
« ce sont des minorités qui représentent la conscience nationale des peuples
colonisés (1)».
A Zénobie, au temps de la maternelle, je dois l’acte fondateur de ma vie : la rébellion. Je lui dois d’avoir éveillé en moi ce
mauvais [...]
Vieux dicton des miséreux d’Espagne : « …Lorsque le Dieu du ciel voudra que la justice règne, les pauvres mangeront du pain et les
riches de la merde ! »
Octobre 1955
Dès le matin du deuxième jour les anciens de 4ème et 5ème année nous haranguent sur le plateau (1).
En tant que « bleus » nous n’aurons droit qu’au plateau. L’herbe, les arbres, la relative intimité du fond sont
réservés aux anciens. Ceux qui s’aventureront dans la descente seront punis, sauf ceux désignés pour les corvées prévues par le « règlement des
anciens » : cirage de pompes, lessive, travaux [...]
« …Et vous, qu’est-ce que vous devenez ? »
« Moi, monsieur, je suis un cathare de 1209, un communard de 71, un anar de 36, un résistant de 40 et de tous
les temps, de toutes les époques… Voilà, oui, je résiste, je suis un résistant, hier, aujourd’hui, demain...Vous connaissez une autre façon de respirer vous ? Moi
non ! »
Voici que le 1er octobre 1955, de bon matin, je me tape le cul sur le plateau d’un camion de chantier avec quelques copains. On nous livre en vrac à notre nouvelle demeure pour les 4
ou 5 prochaines années : le Collège National Technique de Gourdan-Polignan, [...]
« Mélusine à l’instant du second cri…Elle a jailli de ses hanches sans globe, son
ventre est toute la moisson d’août, son torse s’élance en feu d’artifice de sa taille cambrée, moulé sur deux ailes d’hirondelle. Et ses bras sont l’âme des ruisseaux qui chantent et
parfument. » (André Breton)
J’ai connu mes premiers émois charnels entre deux guerres…
Après la débâcle de Dien Bien Phu, Pierre Mendès France fut, en Mai 54, élu Président du Conseil (en récusant le soutien des voix communistes qui lui étaient acquises). En un mois, il signa à
Genève un accord mettant fin à la guerre d’Indochine : le Tonkin [...]
Printemps 52. Maman, son copain (je l’appelais alors « Tonton », comme dans une chanson de Pierre Perret) et
moi quittons Toulouse pour Muret, à vingt kilomètres, théâtre d’une bataille d’il y a huit siècles qui vit l’écrasement des troupes occitano-aragonaises par
les croisés commandés par Simon de Montfort et guidés « spirituellement » par le légat du pape, le sinistre Arnaud Amaury immortalisé pour sa célèbre injonction prononcée lors du sac de
la ville de Béziers en 1209 : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les
siens ». Et toi, Arnaud ! Dieu t’a-t-il reconnu comme sien ?...
Muret était aussi [...]
« Je suis une grande star, c’est le cinéma qui est devenu petit… » (1)
J’ai quitté Zénobie après le CP, pour confronter au vaste monde le surnom qu’elle
m’avait valu de « Zénobie n°2 ».
Ma mère, après son opération de la rétine, ne voulait plus être séparée de son fils. C’est ainsi que j’ai pu assister à
l’épisode des sangsues et à la perte de son œil… (2) Pour ma part, à cette époque, j’ai dû me contenter d’un phimosis, modeste participation aux tragédies médicales de la
famille. Il faut dire que, parait-il, j’avais été gâté.
Tout petit, à Perpignan, j’avais chopé [...]
«… Ay que dia tan triste en Madrid ! Pardon à Lorca, Machado, Hernandez
« De ne pas les avoir fait lire à mes enfants,
Pardon du peu que les mots disent à moitié
« Et souvent ne savent pas, Mais s’il vous plait, pardon… (1)
Jean Paul Sartre racontait qu’il cessa de croire en Dieu par un après-midi ordinaire, en attendant le bus, sur un trottoir de la
Rochelle où il était professeur de philosophie. Ensuite, il n’y pensa plus jamais.
Moi, je n’ai rien à raconter sur le sujet car je n’ai pas le moindre souvenir d’avoir un jour cru en Dieu. Dans mon enfance, ce [...]
« L’enfance…
« C’est jour après jour quitter l’ombre
« Et vers la proie et vers le nombre
« C’est apprendre à frapper. » (1)
Ma mère disait à qui voulait l’entendre que j’étais capable de lire le journal avant d’entrer à l’école
maternelle. C’était à Perpignan, vers la fin de la guerre, là où demeure mon plus ancien souvenir. Je suis sur le quai de la gare, le bien connu centre du monde de Salvador Dali, dans les bras de
ma mère. J’ai trois ans. Elle pleure. Je ne le sais pas à ce moment là, mais elle quitte son mari, mon père, à qui elle laisse ma sœur. Elle va à Cintegabelle (Haute-Garonne) me [...]
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